Extraits 





Les vents sont le prolongement du sable

Prendre patience dans la nuit

Prendre l'assaut

Les multiples étoiles dessinent

des cartes postales

On peut transmettre un écho



***


Le miroir où l'esprit vagabonde

c'est un éclat

Désamorce l'explosif des yeux fermés

océan aux remous d'impatience

On bat la mesure

les tentatives d'approche

Pour nous réunir

dans le fourre-tout cosmique

Un poème doit être

une empreinte

Journal ouvert

que brise le vent

Où l'ennui le conduit

allume le soleil

À l'ordre du jour

les mots sont là


***


Le jour épais de silence

se couvre de bitume

Les mots tentent de dire

mais l'espace se brise

Idée que le monde appelle

est douleur d'ici bas

Soleil extravagant



Extraits de " Somme du réel implosif"  ( poésie ) Eric Dubois

Éditions Unicité, 2021.

Plus d'infos : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/DUBOIS-Eric/somme-du-reel-implosif/index.php


 En librairies, sur Amazon, Fnac.comChapitre, Lagriffenoire.com et sur le site de l'éditeur ...



ÉRIC DUBOIS 




  Paul me dit que je cours à la catastrophe. De quoi parle-t-il ? De Catherine-La Folle ? Janvier est le mois des frileux. Il faut se laisser aller, que je lui disais. Avoir envie de baiser quand les mots ne suffisent plus. Elle tournait légèrement la tête. T’as envie ? Oui. Pourquoi ? Moi, ça m’était sorti de la tête. Et la patience est une forme de courage contraire au désir. Après quoi, silence de quelques minutes. Longues minutes. À quoi pensais-tu ? Une fille entre dans le troquet. Henri la regarde avec insistance. À nous. Ça t’arrive ? Surtout, la nuit. Et Catherine : je vois. De quoi parlions-nous ? De tout, de rien. J’ai oublié. Ta mémoire te fait défaut ? Je garde le passé pour les amis, au moment des confidences. Les amis aiment qu’on leur raconte des histoires. Et les histoires meublent le vide des discussions. On se raconte des histoires et le temps passe.

( ....  ) 


Et ce silence gêne. Héroïque constatation. Une envie dingue de la prendre dans mes bras. Dis-moi, ça fait quatre heures qu’on est là, à user le parquet. Tu veux sortir ? Mais si ça te plaît alors…
Cette fille se montre. Qui ? Tu l’as vue avant moi. Sourire de satisfaction. Circonstances. Je respire une odeur de cheveux mouillés. Je t’assure que non. Tu plaisantes ? Tu mens. Je dépose les armes. Tu as gagné. Duel au Soleil d’Étienne Daho, en plein hiver. J’ai remporté une victoire facile, tu ne trouves pas ? La fille s’en va. Le barman essuie les verres et siffle un air, celui-là, justement, l’air de rien.

( ... )

La Locomotive vrombit. Paul a les yeux rouges. Je bois une tequila. Il y a des filles superbes. Même le plaisir de les regarder se mouvoir aussi aisément que des papillons de nuit te rend heureux. Plaisir égoïste… Si Catherine était là… Paul me dit de tenter ma chance. Il y a des filles superbes et je ne leur parle pas. Je n’entends rien.


Extraits de « Lunatic », roman , Éditions Le Lys Bleu, Juin 2021. Prix : 18.50 €

Plus d'infos : https://www.lysbleueditions.com/produit/lunatic/

 En librairies, sur Amazon, Fnac.comChapitre, Lagriffenoire.com et sur le site de l'éditeur  

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ÉRIC DUBOIS 

 

La vie n'a pas de plan préétabli, de schéma directeur. La vie se charge de nous mener là où elle veut, sans qu'on y décide quelque chose. Tout est question de voix, et ça, les voix, je vais connaître, d'appels, ça aussi, de commandements internes (ou externes ?). Le fleuve cru emporte nos pessimismes, nos beautés retranchées et nos rêves essorés par un quotidien terne et sans événements majeurs ou si peu. Le fleuve contigu des années, métaphore usée pour désigner l'immobilité mobile d'un temps, en fait, fragmenté, concassé en blocs disjoints, en dehors de toute logique véritable, semble couler en nous, apparemment et on veut bien y croire à l'existence magique de ce palimpseste que nous pensons sans cesse écrire et réécrire. Comment (r)établir la vérité des faits ? Tout est confus. Je garde du passé une image fixe, je dois rassembler ça et là des morceaux épars pour tenter de consolider l'ensemble. Comment tout ça a commencé ? Le temps passé filtre les pas erratiques, les déconvenues. Comment tout ça est venu ? Une espèce de schizophrénie ? Allez, les médecins posent le diagnostic, on n'en parle plus, on n'a plus qu'à vivre avec, avec ça. Dis-je, en avalant un comprimé de 200 mg de Solian et un autre de 20 mg de Deroxat, comme tous les jours, cela depuis des années, le premier depuis vingt-deux ans et l'autre depuis quelques années. Ma vie est coupée en deux. Il y a l'Éric d'avant 1996 et l'Éric depuis 1996. Je rappelle que la schizophrénie ce n'est pas un dédoublement de la personnalité. C'est, m'a-t-on dit, la personnalité qui se scinde en deux. En gros, la schizophrénie c'est la cassure, la fracture. Puis-je en dire plus ? Je ne suis pas médecin. La maladie mentale, c'est quelque chose d'imprévisible, dans une famille. Cela a l'air d'un lieu commun mais c'est vrai ! On ne songe pas un instant qu'un de ses proches va en souffrir. J'allais avoir trente ans.


Extrait de "L'homme qui entendait des voix, récit "  ( Préface de Laurence Bouvet ) Editions Unicité, 2019.


 ÉRIC DUBOIS 

 

Plus d'infos :  http://www.editions-unicite.fr/auteurs/DUBOIS-Eric/l-homme-qui-entendait-des-voix/index.php

En librairies, sur Amazon, Fnac.comChapitre, Lagriffenoire.com et sur le site de l'éditeur  

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